Un Zdar peut en cacher un autre

Le groupe anglais Hot Chip a publié son septième album le 21 juin, deux jours après la chute mortelle de l'un de ses contributeurs, le Français Philippe Zdar.

Les cinq membres du groupe Hot Chip, parmi lesquels Alexis Taylor (au premier plan). Photo Ronald DICK.

Les cinq membres du groupe Hot Chip, parmi lesquels Alexis Taylor (au premier plan). Photo Ronald DICK.

« A Bathfull Of Ecstasy ». Hot Chip (Domino)

Le destin a été cruel avec Philippe Zdar. Sa chute fatale d'un immeuble parisien le mois dernier à Paris l'a privé d'accompagner la sortie de deux très bons albums auxquels il a contribué : "Dreems" avec son groupe Cassius et "A Bathfull Of Ecstay" avec Hot Chip, un groupe fabuleux de pop électro. Les deux sont tombés dans les bacs et sur les réseaux le 21 juin, au lendemain de la nouvelle de sa mort.

C'est la première fois que les Anglais menés par Alexis Taylor acceptaient de confier la production d'un disque de Hot Chip à un étranger au groupe. Bien leur en a pris car la French touch leur va à ravir. Le maestro Zdar s'autorise au passage un clin d'œil à Daft Punk et au son légendaire de la voix trafiquée (sur "Spell").

Hot Chip, c'est beau comme un cantique qui peut s'écouter stoïque ou en dansant. "No God" ("Aucun dieu") est un bon exemple de cette musique qui confine au religieux. Ou quand la pop électro creuse le sillon d'un gospel contemporain et terriblement européen. Alexis Taylor y pose sa voix magique de fausset, répétant "The Way You Make Me Feel", comme s'il rendait à la fois hommage à Michael Jackson et Jimmy Sommerville.

Avec cet album, la promesse d'un "bain d'extase" est tenue et console des vicissitudes de la vie, grâce à des titres pleins d'ondes positives comme "Melody Of Love", "Hungry Child" et… "Positive".

Philippe Zdar peut reposer en paix.