Les noces du Vampire

Vampire Weekend. « Father of The Bride » (Sony Music)

Ezra Koenig, la tête pensante de Vampire Weekend. Photo Schmelling

Ezra Koenig, la tête pensante de Vampire Weekend. Photo Schmelling

Les années passent mais n’entament ni la fraîcheur juvénile ni la fraîcheur musicale d’Ezra Koenig. Douze ans après le premier album de Vampire Weekend qui a marqué l’histoire de la musique, deux autres non moins emballants en 2010 et 2013, puis six ans de silence, le jeune homme à la tête de gendre idéal publie « Father of The Bride » (« Père de la mariée »). Soit 18 titres tous plus inventifs les uns que les autres. On imagine déjà les annonceurs publicitaires sur les rangs pour faire coller à leur image de marque les rythmes et les mélodies du génial songwriter. Pour mémoire, Ronaldo, Omar Sy et Louane roulent avec Vampire Weekend dans la pub de SFR. C’est « A-Punk », vous l’avez ?

Le groupe Vampire Weekend fut formé au milieu des années 2000 par quatre amis étudiants en musicologie à New York. Plutôt que de singer les groupes à la mode de l’époque (The Strokes en tête), ils taillent dans un autre diamant brut d’influences la matière de leurs chansons : Paul Simon, période « Graceland ». La voix délicieusement perchée d’Ezra Koenig, les guitares africaines, les percussions, ça sonne comme le glorieux aîné. C’est pourtant totalement nouveau.

Alors que les trois précédents disques du groupe étaient plutôt ramassés dans la durée, Ezra Koenig propose là ce qu’il présente comme « un double album », comme au bon vieux temps du vinyle. A l’écoute des pépiements d'oiseaux, des chœurs enthousiastes, des arrangements de voix et des brefs intermèdes parlés qui jalonnent l’écoute, on pense à l’Album blanc des Beatles, autres précurseurs du mélange des styles, au point d’en faire une signature.

En quittant New York pour s’installer en famille à Los Angeles, Ezra Koenig est passé par Nashville pour ajouter la country à sa palette. En résulte trois duos avec Danielle Haim (qui fait une infidélité à ses sœurs du groupe HAIM), à la manière de Johnny Cash et June Carter, sur le thème du… mariage