Les Pixies ne prennent pas de rides

Retour réussi pour le groupe américain dont la recette musicale est toujours aussi savoureuse.

Paz Lenchantin (à droite sur l’épaule de Black Francis) a rejoint les garçons des Pixies pour remplacer la légendaire Kim Deal à la basse. Photo : Travis SHINN

Paz Lenchantin (à droite sur l’épaule de Black Francis) a rejoint les garçons des Pixies pour remplacer la légendaire Kim Deal à la basse. Photo : Travis SHINN

« Beneath The Eyrie » Pixies (BMG)

Il faisait très froid dehors paraît-il quand les Pixies ont enregistré leur dernier album « Beneath The Eyrie » dans l’église d’une bourgade de l’état de New York (Etats-Unis). Alors, pour se tenir chaud, les farfadets (Pixies en anglais) ont fait ce qu’ils savent le mieux faire : envoyer du bois.

Un début de rhume a bien guetté Black Francis qu’on entend se râcler la gorge à l’entame de « On Graveyard Hill » mais n’a en rien affecté sa voix ni son jeu à la guitare rythmique. Le non moins redoutable Joey Santiago est en embuscade qui balance les riffs dont il a le secret. Kim Deal n’est plus de la partie à la basse, remplacée par Paz Lenchantin qui excelle au chant et au contre-chant. La musicienne d'origine argentine co-signe trois titres avec Francis, dont l'émouvant « Los Surfers Muertos ». La chanson raconte le destin tragique d’une amie surfeuse noyée par une vague scélérate. A la batterie et aux percussions, David Lovering se régale et nous avec. « This Is My Fate » offre un bon aperçu de sa maestria.

Trente-trois ans après leurs débuts et des chefs-d’œuvres comme « Doolittle » et « Bossanova », la griffe Pixies laisse donc toujours une empreinte profonde. Pour la décrire, laissons le dernier mots à feu Kurt Cobain (Nirvana) qui rend à César… : « J’essayais d’écrire la chanson pop ultime. En fait, je dois bien admettre que j’essayais de pomper les Pixies. Nous leur avons emprunté leur sens de la dynamique, le truc du couplet chanté calmement et du refrain rageur. »