Ils ressortent l’arc et les flèches

Les Innocents. « 6 1/2 » (RCA)

JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, en derniers des Mohicans. Photo Yann ORHAN

JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, en derniers des Mohicans. Photo Yann ORHAN

JP Nataf et Jean-Christophe Urbain ont pris un coup de vieux à l'image mais voix et jeu de guitares sont restés intacts. Comme si « Jodie » n’avait, elle, pas pris une ride, alors que trente deux ans ont déjà passé.

C'est l'effet merveilleux de « 6 1/2 », le dernier album des Innocents qui remontent le temps jusqu'à cet âge d’or de la pop en France, quand on chantait en chœur avec eux les refrains d’un « Homme extraordinaire », « Fous à lier », « Colore » et « Un autre Finistère ». 

Dans « 6 1/2 » (comprendre le sixième album du groupe ; le deuxième dans sa version en duo après « Mandarine » en 2015), on aime ces chanteurs exceptionnels à leur manière : Urbain quand il allonge les « soupirs » et donne envie de le rejoindre pour siffler sur la Côte d’« Opale » et Nataf quand il swingue dans « Les Cascades ».

Ce disque, c'est la joie retrouvée des mélodies bien troussées, quand elles serpentent au creux de l'oreille entre douceurs et ruptures de ton. En amoureux des Beatles, Jean-Christophe Urbain sait faire. Les mots de Nataf sont à la mesure, sincères et volontiers décalés. Le langoureux « Slow #1 » est à cet égard un bel exemple du savoir-faire des Apaches qui ont ressorti les arcs et les flèches pour la photo et transpercer le cœur : « Chérie, danse pas trop vite / C’est un hit qui t’invite »… Comme au bon vieux temps.