Queen Bey remonte aux sources

Beyoncé. « Homecoming : The Live Album » (Columbia)

Beyoncé en Néfertiti, la reine égyptienne dont certains chercheurs ont avancé qu'elle avait la peau noire. Photo Columbia.

Beyoncé en Néfertiti, la reine égyptienne dont certains chercheurs ont avancé qu'elle avait la peau noire. Photo Columbia.

Beyoncé est une artiste phénoménale qui, en avril 2018, emmena avec elle plus de deux cents choristes, musiciens et danseurs sur la scène du festival de Coachella dans le désert californien. Les 125 000 spectateurs qui y étaient n’en reviennent toujours pas.

Suivie par des millions d’autres en direct sur internet, la performance représentait une rétrospective de la carrière de Beyoncé Knowles, entamée il y a plus de 20 ans avec la sortie du premier album de son groupe Destiny's Child, en 1997. Beyoncé avait d'ailleurs profité de Coachella pour reformer le groupe et interpréter quelques-uns de ses tubes, parmi lesquels « Say My Name ». Un an plus tard, un album surprise de quarante titres et un film sur Netflix immortalisent l’événement et démontrent le génie musical et scénique de Queen Bey, archiviste de la musique noire américaine qui remonte le courant jusqu’aux sources du R&B.

Les tambours de la fanfare Drumline Live et une section de cuivres de La Nouvelle Orléans accompagnent le spectacle de bout en bout. « Homecoming » (Retour à la maison) est ainsi l’hommage d’une jeune femme noire à l’héritage musical qui l’a inspirée, elle qui fait résonner la voix de Malcom X sur « Don’t Hurt Yourself ». Les hits « Crazy In Love », « Run The World (Girls) », « Freedom » sont autant de jalons de la culture pop. Artiste clé lui aussi et époux de la chanteuse, le rappeur Jay Z fait une apparition, l’accompagnant sur le titre « Déjà Vu ». Un ruisseau au milieu d’un fleuve musical de 110 minutes.

Sébastien Boisnard