C’est la même chanson

Roméo Elvis. « Chocolat » (Barclay)

Le Belge Roméo Elvis vient de publier son premier album solo. Photo Straussphère

Le Belge Roméo Elvis vient de publier son premier album solo. Photo Straussphère

Dommage. Roméo Elvis arrive un peu tard dans le rap « mainstream ». L’histoire ne nous donnera peut-être pas raison, mais son premier album solo, sorti vendredi 12 avril, donne déjà l’impression qu’il est passé de mode. La place est prise. 

Claude François chantait « C'est la même chanson », on en est un peu là avec Roméo Elvis qui donne l’impression de faire tout comme les collègues de boulot Orelsan, Eddy de Pretto et surtout Lomepal quand ils content leurs aventures réelles et imaginaires. Jusque sur la pochette : un portrait provoc’, comme son ami Lomepal l’a déjà fait, il y a trois ans, grimé en femme, le mascara coulant sur la joue. Pour le son et la voix, c’est idem : décalqués.

 « Chocolat » (référence au belge et à la marijuana) est aussi un album de prévention. Sur l’usage des substances illicites et les dégâts qu’elles provoquent, mais des paroles comme « Faut pas commencer le chocolat / mais si tu le fais faut toujours être à deux » (« Chocolat ») et « J’suis dans le malaise sans cette saloperie, mais j’en fume encore » (« Normal ») agacent plus qu’elles ne convainquent. Pour coller au réel, la plume de sa petite sœur Angèle est autrement plus légère. On regrette d’ailleurs son absence dans « Chocolat ».

La (bonne) surprise de cet album dont on attendait mieux n’arrive qu’au 19e et dernier morceau, « Perdu », en duo avec Damon Albarn (leader de Blur et Gorillaz) qui cosigne le titre et passe à la production. Mais trop tard.