La fille qui abolit les frontières

Lolo Zouaï.« High Highs to Low Lows » (Because)

Lolo Zouaï a patiemment égrené ses titres en streaming avant de sortir son premier album. Photo Grant SPANIER

Lolo Zouaï a patiemment égrené ses titres en streaming avant de sortir son premier album. Photo Grant SPANIER

Lolo Zouaï est née à Paris. Sa mère est française, son père algérien. Elle a grandi à San Francisco, avant de s’installer à New York. Sa musique et son chant sont les reflets de ces péripéties de la vie quand elles trimballent une enfant sur tous les continents. A la toute fin de son premier album - le très réussi « High Hihgs to Low Lows » -, « Beaucoup » détonne et sonne comme une chanson douce des années 1960, à la manière de Françoise Hardy dans « Tous les garçons et les filles ».

Elles sont bizarres les chansons de Lolo Zouaï qui passent de l’anglais au français comme bon lui semble, parfois dans le même couplet. Pour les genres, c’est pareil : la cosmopolite abolit les frontières. « Ma musique est le résumé des différentes cultures qui m’habitent, explique-t-elle. Il y a un côté hip-hop qui vient de San Francisco, des mélodies plus classiques qui évoquent Paris. On retrouve aussi des sonorités arabiques dans les adlibs, inspirées par mes racines algériennes ». Et une énergie plutôt rentre-dedans qui rappelle New York.

Avant de capter l’attention dans de grands magazines comme Vogue ou i-D (Vice), la jeune femme de 24 ans a dû batailler pour s’imposer, entre emplois de serveuse et beaucoup de temps passé dans sa chambre à concocter ses titres qu’elle envoie au compte goutte sur les réseaux. L’ironique et amer « High highs and Low Lows », qu’on peut traduire par « Des hauts très hauts et des bas très bas », raconte ça.

Celles et ceux qui aiment Angèle devraient aimer Lolo Zouaï et être aussi intrigués que nous par les ressemblances qui les unissent. L’effet poreux des réseaux que l’une et l’autre n’ont cessé d’alimenter des mois durant avant de sauter dans le grand bain, dira-t-on.