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Gérald Genty au sommet de son art

Le fantaisiste de la chanson teinte de tristesse ses textes et ses mélodies. « Là-haut » émeut autant qu'il fait sourire. 

Gérald Genty « sur les bords de Manche ». Photo Patrick COCKPIT

Gérald Genty « sur les bords de Manche ». Photo Patrick COCKPIT

« Là-haut » Gérald Genty (Pias)

Vaille que vaille, le « plus grand chanteur de tout l’étang » (référence à son disque de 2006) se jette à nouveau à l’eau et nage vers les profondeurs, jetant un voile de tristesse sur sa fantaisie débridée. Comme quand il chante le temps qui s'écoule inexorablement et sépare un jour les garçons de leur papa (« Planeur ») ; ou qu'il frissonne à l'idée de "sauter des fa dièses et retomber sur le sol bémol" quand on « marche un peu trop près des bords de Manche » (« Les fa dièses »).

Musicalement, c’est comme d’habitude avec Gérald Genty : très haut perché, avec les ruptures de ton dont il a le secret. Il n’est pas une chanson qui ne réserve sa surprise mélodique, comme les ronds dans l’eau d’une rivière tranquille. 

Joueur confirmé de tennis, Gérald Genty « fait des rêves » et des calembours avec les noms des champions. Le jeu de mots « Fais des rêves / Federer » est tellement gros que le parolier a dû vérifier qu'il n'avait pas déjà été maintes fois utilisé. Constatant que non, le supporter du tennisman s'est laissé entraîner et a composé cette chanson après la victoire surprise du Suisse à l'Open d'Australie en 2017. « À la fin de la chanson, le gamin qui joue contre lui, c'est moi ».

Un brin désabusé, l'artiste s'amuse aussi du « métier qui sort ». Pour constater qu'il n'a pas connu le succès qu'il mérite pourtant, une petite voix lui dit : « Quand on entend toutes les daubes qui passent à la radio, on se demande comment ça se fait qu’on vous entend pas plus ». Et Gérald de répondre : « Ah bah c'est gentil… Enfin… je crois ». 

Gérald Genty, un chanteur pas que marrant

Gérald Genty, « Hippopopopopopopopopopopotame »

Gérald Genty a définitivement trouvé sa place dans l’histoire des chanteurs marrants et drôlement inspirés. Au rayon pop géniale, il y avait l’impayable Richard Gotainer. Gérald Genty est du même calibre.

En 2006, il avait intitulé sont deuxième album « Le plus grand chanteur de tout l’étang » qui s’ouvrait sur « Mon prénom c’est Gérald, pas Gérard ». Un régal de bout en bout.

Onze ans et deux albums plus tard, le loustic rapplique avec « Hippopopopopopopopopopopotame » (il ne manque pas un po) et 38 titres qui tiennent en 37 minutes. Soit moins d’une minute de moyenne par titre. Il y cultive sa passion du calembour auquel personne n’avait encore pensé avec la complicité d’enfants à la diction irrésistible. Laissez-vous cueillir par « Poulet fermier » et cette phrase dite par un tout-petit : « Mais ça sert à quoi de connaître leur métier, si c’est juste pour les manger ? »

S’il n’y avait que les jeux de mots et facéties de langages, l’ensemble pourrait devenir indigeste. Mais non. Car Gérald Genty est aussi un brillant musicien qui compose depuis l’âge de 15 ans (il en a 43).

Chaque chanson est un petit bijou pop. S’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait le dernier qui conte les résultats médicaux de la grand-mère des enfants, laquelle a… « trop d’urée ». L’épilogue se noue avec le dialogue entre le papa et son fiston cherchant un titre au disque (« On peut mettre le nombre de popo qu’on veut ») et une orchestration qui tire une larme tellement elle est belle.