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Le chic des vagues à l’âme

Keren Ann. « Bleue » (Polydor)

Keren Ann sous l’œil d’une grande couturière. Photo Bouchra JARRAR

Keren Ann sous l’œil d’une grande couturière. Photo Bouchra JARRAR

Entre autres raisons musicales et poétiques, on aime aussi le nouvel album de Keren Ann pour le charme des images qui accompagnent sa sortie ce vendredi. Photographiée par la styliste « haute couture » Bouchra Jarrar, l’artiste s’y dévoile dénudée, posant de dos, les cheveux relâchés, caressée par la lumière pâle du jour. L’image sur la pochette est en noir et blanc, le disque s’intitule « Bleue ». Très chic.

Près de vingt ans après « Jardin d’hiver » écrite avec Benjamin Biolay pour Henri Salvador, Keren Ann revient au français dans la totalité de ses dix nouveaux titres. La polyglotte israélienne, qui a longtemps vécu aux Pays-Bas avant de s’installer en France, a même convaincu le New-Yorkais David Byrne (ex-Talking Heads) de poser son drolatique accent sur le délicieux et inquiétant « Goût d’inachevé » (« Si vous étiez ma femme / Je vous emmènerais près des falaises… »).

Comme le bleu radieux peut tourner au blues, l’eau qui inonde ce disque (« Le Fleuve doux », « Nager la nuit », « Ton île prison »…) apaise et menace à la fois. « Il me tue cet amour », répète ad nauseam la chanteuse à la voix limpide. Comme si elle se noyait (« Sous l’eau »).

En privilégiant les violons et des arrangements de pianos et de guitares sans heurts, Keren Ann fait le choix de la douceur au détriment de la tonicité pop qui animait l’album « 101 » il y a huit ans. On recommandera donc de réécouter les fougueux « My Name Is Trouble » et « Sugar Mama », pour en découdre avec ces habits du jour tirés à quatre épingles.