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Le retour en grâce de Lloyd Cole

L’Anglais avait connu la gloire au milieu des années 80 avant de s’installer aux États-Unis pour jouer au golf et continuer la musique, plus discrètement.

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« Guesswork » Lloyd Cole (EarMusic)

« Les vieux disques ne meurent jamais », a dit Ian Hunter, un musicien anglais tombé, lui, dans les oubliettes du rock. Et qu’en est-il des artistes qui se sont illustrés jadis ? On pense ici à Lloyd Cole qui a connu la gloire au milieu des années 80 avec The Commotions et trois albums pleins de tubes (« Forest Fire », « 2CV », « Perfect Skin »…) Avant de ne plus intéresser grand monde, malgré onze albums solo.

Six d’entre eux ont eu droit à une nouvelle chance dans un coffret de belle facture édité en 2017 : « Lloyd Cole in New York » (un détour par là via le streaming vaut vraiment la peine).

En 1989, l’Anglais, séparé de son groupe et de sa femme, avait décidé de refaire sa vie outre-Atlantique, en commençant par écumer les bars. Rattrapé par sa passion du golf héritée de ses parents, il entame une carrière en amateur remarquée. Aux dernières nouvelles, il réside avec femme et enfants dans une petite ville de l’Ouest du Massachusetts. Très actif sur les réseaux sociaux, il y partage ses coups de cœur. Ces derniers temps, il y était beaucoup question de vélo, notre homme demandant conseil à ses fans avant l’achat d’une nouvelle bicyclette.

Avec « Guesswork », Lloyd Cole joue un coup audacieux et gagnant en entremêlant le jeu de guitare en arpèges qu’il affectionne et des sonorités électro auxquelles il a pris goût. Sa voix moelleuse et agile ensorcelle comme avant pour faire de cet album un excellent compagnon de route et au salon.

Les polyglottes entendront que Cole n’a rien perdu de son mordant avec des paroles entre romantisme et ironie. Celui que l’on n’a jamais vu sourire (il est plus que jamais renfrogné sur la pochette) y va franco dès l’entame de « Night Sweats » (« Sueurs nocturnes ») : « So, I’m a complicated motherfucker / You knew that » (« Je suis un compliqué d’enfoiré, tu le savais », pour le dire poliment).