Articles dans Délices
Les cerises
De la crème de marrons dans le frigo

Riche idée de Anne cette semaine qui a mis dans son panier une boîte de crème de marrons. Ça ne rate jamais au moment de l’ouvrir : on répète à table qu’il s’agit là du dessert préféré de Papi Gégé, le fin gastronome ! Mais connait-il au moins l’histoire de la délicieuse recette dans sa jolie boîte au charme intemporel ?

La voici donc : la crème de marrons de l’Ardèche a été inventée en 1882 par l’industriel Clément Faugier qui cherchait à récupérer les brisures de marrons créées accidentellement lors de la production des marrons glacés. L’Ardèche qui regorge de châtaigniers peut lui dire merci alors que fermaient à un bon rythme les usines textiles en proie à la crise (déjà !).

Dans une lettre à un ami, le poète Guillaume Apollinaire évoque le fameux dessert : « Et l’on ne saurait pas “Vieux” assez t’encourager à m’envoyer de ces marrons qui réduits en purée, honorent fort Privas ».

La crème de marrons c’est tellement bon que le cuisinier Ismaël Leconte lui a consacré un blog (lacremedemarrons.fr). On y découvre que la gourmandise n’est pas aussi condamnable caloriquement parlant : 100 g valent 250 kcal, quand la même quantité de confiture ou de miel grimpe à 270 et 300. Notons pour être honnête que la propension à vider le pot est plus forte pour la crème de marrons que pour le miel !

PS : Pour parfaire ses connaissances en châtaigne, un tour sur le site clementfaugier.fr est chaudement recommandé.

Père Moustache sait faire un bon café

Y a pas que Grand-mère qui sait faire un bon café : le Père Moustache de Bialetti est aussi un maestro. La maison l’a adopté après l’escapade parisienne chez une amoureuse de l’Italie.

La notice de “préparation du café” est à elle seule un petit régal :

- Remplissez d’eau froide la petite chaudière. A l’intérieur, le niveau ne doit pas dépasser les marques préétablies.

- Introduisez le filtre entonnoir dans la petite chaudière. 

- Remplissez le filtre avec le café moulu, sans le presser et sans laisser la poudre de café sur la petite chaudière. 

- Vissez le récipient de récolte du café sur la petite chaudière avec force mais sans se servir comme levier du manche. 

- Mettez la cafetière sur la source de chaleur : s’il s’agit d’un réchaud à gaz, tenez la flamme basse, elle ne doit pas dépasser du bord de la petite chaudière. 

- Quand le récipient de récolte est plein de café, enlevez la cafetière du feu.

Craquer pour la noix du Périgord

Avec l’automne revient le plaisir de casser des noix. Muni d’un instrument de choix : the Nutcracker de Drosselmeyer

. L’outil, fabriqué en Suède, est un modèle de design ; il est fonctionnel et procure un instant de satisfaction quand la main pèse sur la noix qui se brise, délivrant des cerneaux restés intacts.

Saviez-vous qu’il existe un site  entièrement dédié à la fameuse noix du Périgord

 qui fête ses 10 ans d’AOC (joyeux anniversaire la noix !). On y apprend que les noyers sont devenus le deuxième verger français, après les pommiers. Et que la Franquette surprend par son petit goût de noisette et son arôme délicat.

Les régalantes camionneuses

Délicieuse lecture ce dimanche dans Le Mag de Libération, où l’on voit que ce sont les filles les plus inventives et battantes quand les temps sont durs. Elles s’appellent Kristin, Valentine ou Perrine, ont lâché des carrières dans les bureaux pour les fourneaux. Mais comme c’est cher un restaurant, elles investissent dans un camion qui parcourt les rues de Paris.

Kristin est la pionnière. L’Américaine a lancé son Camion qui Fume il y a un an. Un succès. Compter une heure d’attente avant de croquer un hamburger, sa spécialité.

Depuis, d’autres ont senti le filon. Au point que la mairie de Paris a dû mettre le holà. Résultat : Perrine (A la tête du client) livre ses steaks tartares à vélo (?!).

Chaudement recommandé, le papier est par là (ou en cliquant sur l’image).

Quand mère et fille parlent crus

Tessa est à la tête du Domaine des Moines depuis qu’elle a succédé à sa mère Monique qui continue à s’occuper de la commercialisation de la production vinifiée par sa benjamine.

A l’approche des vendanges et des foires aux vins, le Courrier de l’Ouest consacre “Le fait du jour spécial femmes” de dimanche à Monique et Tessa Laroche, mère et fille vigneronnes à Savennières, en Anjou.

Je les ai rencontrées mardi au cœur d’un vignoble dominant la Loire, en plein travail.

Extrait de l’article à venir :

Alors que le raisin continue de mûrir accroché à la vigne, Tessa est au chevet d’un vin qui nécessite toute son attention et son savoir-faire : La cuvée des nonnes. Sur un terroir cultivé dès le 12e siècle par des moines, l’appellation ne manque pas de saveur. La dernière cuvée du délicat moelleux remonte à 2007. «Nous le mettrons en bouteille le 24 septembre, à quelques jours du début de la vendange». En attendant, Tessa peaufine les réglages. Elle évalue le niveau de gaz en secouant des éprouvettes, scrute la couleur dorée à travers les verres. La transparence doit être totale. Ici, le trouble n’a pas sa place. Tessa Laroche est vigneronne sur le Domaine des Moines, au sommet de la roche du même nom, à Savennières, à une quinzaine de kilomètres d’Angers. Elle a succédé à sa mère Monique qui s’est installée sur ces hauteurs en 1981. «J’étais pharmacienne, raconte Monique. A l’époque, le diplôme était aussi assorti d’une qualification en œnologie. Quand mon mari a ouvert son étude notariale à Angers en 1968, les hasards de la vie nous ont conduits non loin de là, dans une petite maison en bas du côteau. Il y avait une vigne». Jean-François, le mari, amateur de bon vin, n’a pas tergiversé : «Nous avons tout arraché et replanté», glisse-t-il, alors qu’il passe furtivement dans le chais. Quelques années plus tard, l’opportunité se présente d’acquérir le château du Domaine des Moines. «Les débuts ont été difficiles, se souvient Monique. Il a fallu tout reprendre à zéro. Avec un objectif : redonner du prestige à l’appellation. Le vin était vendu en vrac. J’ai voulu le remettre en bouteilles».

Où je découvre qui était Curnonsky

Il est un lieu à Angers où chaque hiver le Père Noël installe son atelier : les salons Curnonsky. Jamais je n’ai été curieux de savoir qui était ce Curnonsky. Il a fallu attendre la série de l’été du Monde “Accords parfaits” (lecture conseillée par l’ami Franck, merci) pour enfin découvrir que le bonhomme était un illustre gastronome du siècle dernier. Son nom était Maurice-Edmond Sailland, né rue de Contades à Angers en 1872, mort à Paris en 1956. Pour la petite histoire, Wikipédia nous apprend qu’il est passé de vie à trépas en tombant de la fenêtre de son appartement.

Il fut élu Prince des gastronomes en 1927 par la revue Le Bon Gîte et la Bonne Table. Un aphorisme résume sa philosophie : “En cuisine comme dans tous les autres arts, la simplicité est le signe de la perfection.”