Articles avec le tag Le Monde
La métamorphose des bulbes
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Merci à John Tebbs et à sa chronique de novembre dans M Le Magazine du Monde qui m'avait poussé chez Truffaut pour acheter des bulbes de tulipes perroquet, de jonquilles et de narcisses. Le piètre jardinier que je fais avait pris au mot l'Anglais qui écrivait alors :

Il est enfin revenu le joli temps des bulbes... Cela dit, je ne connais pas un seul jardinier qui se réjouisse de les planter. La perspective de creuser des centaines de trous puis de les reboucher n’est pas très excitante. Ma détermination et mon énergie ne sont pas de trop pour venir à bout de cette tâche — sans gratification immédiate et réalisée dans des conditions météo loin d’être idéales à cette époque de l’année. Et puis, comme ces mois d’automne sont surtout consacrés à la taille et à l’agencement du jardin, œuvrer pour le printemps suivant me semble toujours un peu étrange.
Peut-être est-ce pour cela que les paquets de bulbes sont tous, sans exception, colorés et joyeux. Avec la nature, il faut faire preuve de patience. Je ne connais pas de plus grand plaisir, de plus grande satisfaction, après les longs mois d’hiver, que, le printemps arrivant, de récolter les fruits de ses efforts et voir le jardin renaître dans une explosion de couleurs. Les ampoules et le mal de dos dus aux cinq cents bulbes de tulipes disposés dans le jardin d’un client prennent alors tout leur sens. Alors à vos outils !

Deux dans le même lit, un cauchemar ?

Une nuit où je n’arrivais pas à dormir, j’ai lu avec un vif intérêt cet article du Monde. Où l’on découvre que les Français sont de drôles de coucheurs ! Extraits :

« N’en déplaise à l’Eglise, dormir à deux est un acte récent pour notre espèce, et qui n’a rien de naturel. »

« Les Français ne détiennent pas seulement le record mondial de consommation d’anxiolytiques, ils utilisent, avec leurs voisins espagnols, les lits à deux places les plus étroits du monde occidental. »

« Or, l’impact de la dimension du lit sur la qualité de notre sommeil est flagrant. En janvier 2012, dix couples bardés de capteurs ont dormi successivement dans des lits de 140 puis de 160 centimètres sous la direction du professeur Léger. Les résultats sont bluffants : les “cobayes” ont augmenté de 15 % leur temps de sommeil profond (152 minutes contre 132). Leur nombre de réveils nocturnes a baissé d’un quart (vingt-trois fois contre trente). Et, une fois la nuit au large passée, les couples estiment avoir amélioré “de près de 50 % leur sensation de confort. »

La couette aussi en prend un coup !

« Anecdotique, la couette ? Pascal Dibie ne le pense pas. L’utilisation de cet objet, apparu il y a une trentaine d’années en France, est une aberration due à… Ikea, estime-t-il. ‘La France appartient aux sociétés dites ‘bordées’. Dans ces pays, traditionnellement dépendants de la culture du lin, on dort habillé et sur le dos, bordé d’un drap et de couvertures, dans des chambres non chauffées.’ Une habitude opposée à celle des pays nordiques. ‘Du nord de la France à la Scandinavie, la domestication des canards eiders a créé des sociétés à couettes. Les gens dorment nus, lovés en chien de fusil dans des couettes personnelles, même s’ils dorment côte à côte. Et les chambres sont chauffées. »

« Le typique lit à deux en largeur 140 utilisé avec monocouette et pyjama est donc un ovni français générateur de stress dont, estime M. Dibie, ‘on ne nous a pas vendu le mode d’emploi. »

Les femmes ont un sommeil plus reposant sans leur partenaire, alors que les hommes ont un sommeil plus doux quand ils dorment avec leur compagne.
— Ce sont deux chercheurs autrichiens qui l’affirment dans un article du Monde de ce samedi. Preuve que rien n’est simple en ce bas monde.
Je n'ai jamais su jouer aux échecs

C’est l’un de mes très grands regrets : je n’ai jamais su jouer aux échecs. Alors quand je lis cette page dans M Le magazine du Monde, je suis plein d’admiration pour ce gamin arrivé sans le sou en France, et qui, grâce à l’enseignement de son père, est devenu champion de France. Au paragraphe Brillant, on lit ceci :

“Ce garçon de 12 ans a appris le français en quatre mois, achevé son CE2 avec 20 de moyenne en orthographe et sauté le CM1.”

Rappelons que Fahim est arrivé clandestinement du Bangladesh et que les échecs lui ont fait gagner les papiers qui manquaient à lui et son père pour rester en France.

Quant à moi, ce n’est pas faute d’avoir tenté de m’y mettre. Je me souviens de ces mois quand, adolescent, j’avais demandé pour un anniversaire, un plateau et des pièces en bois somptueux. Un épais livre de parties en main, je reproduisais les plus grands matchs jamais joués. J’étais fasciné par les noms donnés aux coups. Un seul m’est resté en mémoire : celui du berger, que je ne saurais reproduire. C’est peu.

Il me revient que cette lubie passagère était née après la lecture du “Joueur d’échecs” de Stefan Zweig. Un choc. Il faut que je remette la main sur cette histoire d’un prisonnier des nazis qui se jouait mentalement des parties. Une incursion dans Wikipédia me rafraîchit la mémoire :

“Un jour, alors que M. B. attend son interrogatoire dans une antichambre, il aperçoit, dans une veste pendue à une patère, un livre. Merveille des merveilles à ses yeux, il doit s’en emparer pour vaincre la solitude et la folie qui le guette. « Vole-le ! », s’ordonne-t-il. À l’aide d’un stratagème risqué, il y parvint et, de retour dans sa cellule, il s’aperçoit dépité qu’il s’agit d’un livre d’échecs. Lui qui rêvait de la prose de Goethe ou d’une épopée d’Homère, il enrage devant des formules incompréhensibles, suites de « a1, c4, h2… » dont il ne saisit le sens. Mais il finit par comprendre ces codes : ils correspondent à la position des pièces sur un échiquier, et le livre est un recueil des plus grandes parties disputées par des maîtres internationaux. Après avoir essayé de se procurer un échiquier physique avec des boulettes de mie de pain, il renonce presque mais s’obstine, apprenant par cœur quelques parties…”

Voilà donc ce qu’il me reste des échecs, des tranches de vies par procuration. C’est déjà ça, direz-vous.

Au cimetière avec Patti Smith

Patti Smith aime fréquenter les cimetières. Un très beau papier de Stéphane Davet dans Le Monde raconte comment, chaque fois qu’elle vient à Paris, elle déambule au Père-Lachaise à la recherche des poètes enterrés “sur la colline qui monte depuis le boulevard de Ménilmontant”. Il dit aussi ceci :

“On sait que la faucheuse a été cruelle pour Patti Smith qui, en quelques années, dut faire le deuil de son frère, de son mari, Fred Smith, de ses parents, de certains de ses plus proches amis (Robert Mapplethorpe, Susan Sontag, le clavier Richard Sohl…) sans pour autant qu’elle se lasse des cimetières. “Quand nous allons sur la tombe de mon mari avec mon fils et ma fille, nous ressentons bien sûr de la tristesse, mais nous pouvons aussi rire, raconter des histoires.”“

“Ancien guitariste du MC5, Fred Smith repose au cimetière d’Elmwood, conçu à Detroit au milieu du XIXe siècle. “C’est un endroit vallonné, avec un ruisseau, beaucoup d’arbres et de jolies sculptures. Son concepteur, Frederick Law Olmsted - également paysagiste de Central Park - a été très influencé par le Père-Lachaise. Je suis fière que Fred soit enterré là.”“

Le Kevin d'Archimède est une exception

“Je suis né Kevin d’état civil
Et de parents pas très finauds
Qui préfèrent le body building et le tuning
À la poésie d’Edgar Poe”

“L’Intrus” d’Archimède est bien une exception. Si l’on en croit une étude rapportée par Le Monde de ce mardi après-midi, “au bac, les Madeleine dominent les Kevin”. “Pour décrocher une mention ” très bien “, mieux vaut s’appeler Madeleine, Irène, Côme ou Ariane. Un quart des jeunes répondant à un de ces quatre prénoms a eu le bac 2012 avec plus de 16 sur 20 de moyenne”, écrit Maryline Baumard dans un billet pas très politiquement correct.
Elle reprend en fait le recensement de Baptiste Coulmont, lequel “s’amuse” tous les ans à observer les mentions “très bien”, à partir de 350 000 résultats (une étude disponible sur son blog, coulmont.com). On y découvre donc que “les Kevin et autres Christopher décrochent peu la mention. Et aucun des 125 Youssef et 105 Nabil n’a obtenu son bac avec un ” très bien “. D’ailleurs, plus de 30 % des lycéens qui portent ces deux prénoms sont à l’oral de rattrapage… Un second groupe d’épreuves de repêchage, que 97 % des Madeleine ont évité !”

FOG, monstre du journalisme
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FOG, par Jean-François Robert pour M, le Magazine du Monde.

Chaque vendredi, la lecture de M, le magazine du Monde est un régal. Cette fois encore, il est exquis avec FOG à la une. “Franz-Olivier Giesbert, connivent, brillant, insupportable”. Sous la plume de Marion Van Renterghem et l’objectif de Jean-François Robert, le portrait est saisissant. Extraits :

“Le pouvoir, il se vautre dedans pour l’observer. Il le désire pour le trahir et le raconter. Il tient tous les piliers du système médiatico-politico-littéraire, entre la direction du Point, son invasion des plateaux de télévision, ses émissions culturelles et télévisées, ses livres politiques, ses livres d’écrivain, la présidence du prix Renaudot, où il fait et défait les rois avec JMG Le Clézio.

“Il cancane au moins une fois par semaine avec l’homme d’affaire et conseiller des princes Alain Minc, son meilleur ami et ami de certains de ses ennemis, auquel il dédicace tous ses livres en l’appelant “Mon frère”.

Au Nouvel Observateur, Franz-Olivier Giesbert avait apporté cet air nouveau du journalisme politique que Françoise Giroud instaurait à l’Express. […] Il fait enrager Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing en relatant dans le détail les conseils des ministres. “J’espère que cela ne se retrouvera pas dans le Nouvel Observateur !”, grondait Pompidou à l’Elysée. Une semaine plus tard, l’article de FOG notait scrupuleusement la phrase du président : “J’espère que cela ne se retrouvera pas dans le Nouvel Observateur !”

“Voilà Franz-Olivier Giesbert directeur du Figaro. Il quitte la mère de ses trois enfants et s’installe avec une rousse volcanique : Nahed Ojjeh, veuve du marchand d’armes saoudien Akram Ojjeh et, surtout, fille du ministre syrien de la Défense Moustafa Tlas”. […] “Il reçoit en sultan des Mille et Une Nuits, entouré de luxe délirant et de gardes du corps en armes. Il biche à faire visiter à ses vieux copains le PC de sécurité. […] Ils font des paris idiots, où le gagnant a droit à une vache vivante qu’il doit promener dans les rues de Paris.”

“La nuit, il mène sa vie décadente, le jour il modernise le Figaro”

En 2000, il quitte le Figaro pour Le Point. “Et s’apprête à épouser l’exact contraire de Nahed Ojjeh, une Autrichienne écolo qui a la phobie de Paris”.

“Avec les politiques, il joue d’égal à égal. Son ton moqueur et complice les amuse et les décontenance”.

“FOG “booste” les ventes partout où il arrive. “C’est de loin le meilleur patron de presse”, reconnaît le journaliste patron de l’Express Christophe Barbier, grand prince”.