Articles avec le tag Photographie
Un cadavre exquis chez Prévert

Le jeu est enfantin. D’une main innocente, il consiste à tirer de cinq paniers remplis de petits papiers les sujet, verbe et compléments d’une phrase qui n’aura ni queue ni tête quand ils seront assemblés. Une visite dans l’atelier à l’étage de la maison de Jacques Prévert à Omonville-la-Petite (Cotentin) a permis aux enfants de s’initier et de se découvrir des talents méconnus de poètes du hasard.

Cette variante du cadavre exquis a été inventée par les dadaïstes dans les années 1920. Jacques Prévert l’a même adaptée à l’art pictoral des papiers collés. En 1977, c’est David Bowie qui reprendra la technique (cut-up en anglais) pour écrire la chanson « Black-out » issue de l’album « Heroes ».

Serge Gainsbourg a aussi chanté le cadavre exquis et ses règles simplissimes : 

Si l'on jouait au jeu du cadavre exquis
Histoire d'nous passer un peu notre ennui
Tu écris un mot n'importe quoi
Et moi j'en inscris un autre après toi
La petite mouche à merde
A mis des bouchées doubles
Y a des coups d'pied qui s'perdent
Dans les roubles

 

Les vacances en Provence, jour 4
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Les platanes. La Provence est leur royaume. On les voit partout, en procession sur le bord des routes, solitaires et trapus sur la place des église et les cours d’école. Ils ont beau revêtir ce qui ressemble à une tenue camouflage, ils sont inévitables - Albert Camus en a fait la désastreuse expérience quand la Facel Vega FV3B d’un fils Gallimard s’est encastrée dans un tronc un soir de l’hiver 1960, le 4 janvier exactement.

On dit aussi qu’en été les épileptiques ont tout intérêt à éviter de rouler vite (ou pas pas du tout) sous leur frondaison, car le risque est grand que l’effet stroboscopique produit par l’ombre et la lumière déclenche une crise. Préjudiciable au volant.

A l’heure de la sieste, la fraîcheur de leur feuillage est une invitation à piquer du nez et un bon roupillon, mais c’est sans compter sur les cigales qui ne l’entendent pas ainsi et produisent inlassablement leur concert de crécelle que l’on peut trouver soûlant, à la longue. Mais nous n’en sommes pas là.

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La boîte noire des jardins de la médiathèque

La famille telle qu'elle est apparue sur un tissu dans la chambre noire, remise à l'endroit (la famille, pas la chambre).

L'une des photographies de Marja Pirilä exposées à la médiathèque Toussaint à Angers.

La photographe scandinave Marja Pirilä expose à la Médiathèque Toussaint à Angers (jusqu'au 28 mais) des photographies qui sont comme des moments magiques dans les intérieurs ordinaires de ses amis.
Ils sont allongés sur leur lit, assis au beau milieu de leur chambre, debout dans un couloir, affalés sur un canapé. Et autour, sorti d’on ne sait où, un paysage bucolique le plus souvent, urbain parfois. On se doute bien que la fenêtre doit y être pour quelque chose, mais comment diable le paysage du dehors a pu entrer dedans ?
Les visiteurs ont chacun leur petite idée : trucage numérique pensent la plupart.
Mais non, mais non, la technique est ancienne. Elle fut même utilisée par des peintres classiques et consiste à transformer la pièce en camera obscura, une boîte noire ouverte sur le jour par la grâce d’un orifice par lequel la lumière va pénétrer l’obscurité et former sur les parois une image inversée. En plus petit format, on appelle ça un sténopé.
La photographe n’a plus alors qu’à saisir ce moment d’onirisme total quand le dormeur est nimbé de la douce lumière et de la projection des alentours. Avec son mari, l'artiste a installé une de ces boîtes géantes, cabane au noir profond dans laquelle on pénètre pour voir à l'envers les bâtiments renversés et réinventés du patrimoine angevin. Et les marcheurs qui semblent plus bondir que marcher, la tête à l'envers.
Pour en savoir plus et découvrir ses photographies de Marja Piralä, allez par là : http://www.marjapirila.com

Une curiosité au cimetière

Bizarre autant qu'étrange cette sépulture du cimetière de Laval où repose un certain Père Joseph Coincé…

Voici ce que je trouve à son propos sur le site internet « Cimetières de France et d'ailleurs » :

Le jésuite Joseph Coincé (1764-1833) émigra durant la Révolution et se réfugia en Allemagne, puis à Riga. Médecin, il jouit dans le pays d’une extraordinaire réputation et même de l’amitié du tsar qui chassa pourtant les jésuites de ses états en 1820. Le père Coincé fut alors envoyé à Laval, où jusqu’en 1833, il mena une vie de missionnaire. Sa voix puissante remuait les foules, et il passait pour opérer des guérisons […]
Sa forte personnalité a laissé un grand souvenir à Laval où on voit encore des fleurs, des bougies et des ex-votos variés sur sa tombe. Outre les traditionnels chapelets ou plaques de marbre gravées, il est possible d’y découvrir des chaussures ou des vêtements d’enfants ! La tradition locale lui prête le pouvoir de soigner les enfants malades, de les rendre propres plus tôt ou encore de leur permettre de marcher plus rapidement. Il suffit pour cela d’amener, au « bon père Coincé », un « accessoire » correspondant aux membres malades ou inactifs. Parfois, ce sont même des couches que l’on y trouve…
Sous le soleil de Bel Haïti, salon afro à Angers

Missoule Fleurantin tient salon depuis 2008 à Angers, dans le quartier fraîchement rénové du Grand Pigeon. Cet après-midi-là, le soleil d’automne baigne Bel Haïti d’une lumière dorée. Missoule passe la tondeuse sur la nuque de Fadel, un jeune homme qui a pris l’habitude de confier sa tête à la spécialiste de la coupe afro…

Laissez-vous vampiriser

Vampire weekend ne doute de rien. Et ça réussit aux quatre New Yorkais depuis 2008. Quand il fallu qu'ils se trouvent un style pour accompagner leur musique, leur leader Ezra Koening explique : "On s'est sentis naturellement attirés par ce qui donnait l'air stupide, maladroit, conservateur. C'était drôle, ça collait bien à nos chansons, même si dans la vie on n'avait pas ce style". Dès l'origine, tout pour me plaire, donc. Surtout la musique qu'ils offraient alors ; comme si le Paul Simon de Graceland se trouvait réincarné en quatre.
Cinq ans après ces débuts prometteurs, les Vampire reviennent avec un album à la pochette en noir et blanc (une vie aérienne de New York prise le 24 novembre 1966, et un titre en plein et en délié : Modern Vampires of the City). Les plages oscillent entre pure joie de jouer et mélancolie.
En 2013, à l'heure où tous les groupes se résignent à publier illico presto leur musique en streaming, Ezra Koening et sa clique ont fait le pari de la vente en magasin. Avec succès. Trois semaines après sa sortie, l'album n'était toujours pas disponible sur Spotify ou Deezer, mais caracolait en tête des hit-parades, aux Etats-Unis notamment.
Vampire Weekend démontrait ainsi la force de la fidélisation. La preuve étant faite que le CD n'est pas mort, les voilà qui débarquent aujourd'hui mardi sur les plateformes. Que ceux qui ne connaissent pas encore écoutent, c'est extra !

Dans le Jardin des plantes de Nantes

A l'heure où l'inspiration manque pour alimenter la chronique de ces lubies, remercions les hasards d'une promenade à Nantes qui nous emmènent jusqu'au Jardin des plantes où se dresse une serre patinée par le temps, majestueux écrin de plantes exotiques.