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Quand Archimède gare sa Méhari le temps d'un soir au Chabada

En tournée depuis un mois à bord de leur album « Méhari », le groupe lavallois Archimède emmené par les frères Boisnard est revenu à Angers au Chabada jeudi soir.

Le spectacle a affiché complet avec plus de 300 spectateurs dans la moiteur du club (dont moi-même, dans la fosse).

La bagnole désormais bien rôdée, Nico au volant, Fred à la guitare, Daniel Marsala à l'autre, Julien Zanetti à la basse et Olivier Ferrarin à la batterie ont déroulé un show pop et rock à souhait.

 

Pain-Noir, d'une beauté inouïe

Avec deux poignées d'autres, Pain-Noir (François-Régis Croisier à l'état-civil) a enregistré cette chanson, La Retenue, pendant l'été 2014. Elles ont d'abord vécu sur le vinyle noir. Puis, le label Tomboy lab (Sony) a repéré l'Auvergnat et permis la sortie moins confidentielle d'un album somptueux, augmenté de trois inédits.

J'en ai lu qui pensent à Sufjan Stevens et à Yves Simon en l'écoutant (Les Inrocks), d'autres qui y entendent Françoise Hardy (Rock'n'Folk) ! A moi : l'effet qu'il me fait est le même que celui qui me saisit pendant l'hiver 2004 et longtemps après avec Bonnie 'Prince' Billy et "the letting go". C'est dire.

 

Doudou, dans la légende du rock

Angers, le 1er septembre. Doudou à son bureau de Radical Production, tout près de la gare,  « à 1h30 de Paris ».

L'Angevin qui a démarré sans le sou dans les années 1980 peut se targuer d’une carrière impressionnante dans la musique.
Il a connu Nirvana avant la gloire et vécu de l’intérieur l’explosion d’Oasis. J'ai rencontré Doudou dans son bureau, parlé avec son ami Christophe Miossec au téléphone. Résultat : ce portrait paru il y a quelques jours dans Le Courrier de l'Ouest


Dans le dos de Doudou, les disques d’or et de platine de ses amis chanteurs, Miossec et Placebo, posés sur un meuble bas, comme les trophées du chasseur de têtes d’affiche. Depuis qu’il a 18 ans, le métier de Doudou consiste à faire monter des rockeurs sur scène et à assurer leur notoriété. Vingt-cinq ans après des débuts sans le sou, il dirige deux fleurons de l’industrie du spectacle en France : Radical Production et O’Spectacles.

La première qui a appelé Doudou Doudou a été sa nounou. Depuis, le sobriquet s’est transmis de l’intime au professionnel. Il a passé les âges de Christophe Davy né à Chaudron-en-Mauges le 25 avril 1967, qui, petit, a vécu du bon temps chez ses grands-parents à Rochefort-sur-Loire avant l’installation, en 1969, de ses parents à Angers dans un HLM du quartier de La Doutre.

Doudou ne comprend toujours pas comment ce surnom tendre et amusant a pu se transmettre ainsi. Il ne veut pas « chercher midi à quatorze heures » et refuse de se voir comme quelqu’un dont l’allure frêle et sympa peut rassurer. Dans un milieu où les requins sont nombreux. Tout juste reconnaît-il que grâce à ce surnom, « on se souvient de moi ».

Miossec : « Il ne change pas. C’est Peter Pan »

Le bon élève du collège Californie à Angers puis du lycée Bergson était plus fan de foot que de musique. La première claque du rock lui a été administrée un soir de l’année 1982 quand, élève en seconde, il a été entraîné par un copain au Bar belge, à quelques centaines de mètres de chez lui. Des garçons en cuir s’y retrouvaient pour écouter des musiciens en sueur. Il se souvient avoir vu jouer un groupe nommé « Les Intouchables ». Il y avait Padovani à la guitare, le fondateur avec Sting du groupe Police. Pas mal pour un baptême du son.

Les mercredis soirs de ses années lycée, Doudou les passe au Bar belge. Il se met aussi à acheter quantité de vinyles de groupes virils. Il n’a pas la moindre idée de ce qu’il compte faire plus tard, mais se forge une solide expérience au cœur d’associations organisatrices de concerts et sur les ondes, aux premières heures de la radio libre.

Il est tout juste majeur quand il prend en main la carrière d’un groupe d’ici qui va grimper haut : Les Thugs. Eux chantaient, frappaient la batterie et grattaient les cordes, Doudou compilait les trois métiers d’aujourd’hui : manager, régisseur et tourneur. « Dans les années 1980, aucun groupe ne vivait de la musique. Les professionnels de la profession n’existaient pas encore », se souvient-il.

L’aura des Thugs devient internationale. Le groupe angevin est signé par des labels aux Etats-Unis et en Angleterre. En octobre 1989, Doudou crée Radical. « Il fallait que l’on sorte du mode associatif. C’est comme ça que j’ai appris sur le tas à devenir chef d’entreprise, alors que l’école (l’IUT de techniques de commercialisation à Tours) me destinait plus à devenir chef de rayon ou responsable d’un service achats ! »

Deux ans après, deuxième grosse claque rock. Elle tombe de Seattle au nord-ouest des Etats-Unis : Nirvana. La conjugaison d’un rock crasseux mais mélodique, porté par le charismatique Kurt Cobain. « C’est un aspirateur rock qui s’allume », raconte Doudou. La scène rock élargit son public. « Les filles qu’on ne voyait jamais dans les salles viennent désormais aux concerts ».

L’expérience américaine des Thugs paye. Radical qui est devenu entre-temps Radical Production décroche le pompon : la tournée en France de Nirvana. Doudou noue alors une amitié qui dure encore avec Dave Grohl, le batteur du groupe grunge. Pareil coup de maître explique pourquoi tant de chouettes groupes anglo-saxons fourmillent au catalogue de Radical Production, parmi lesquels Arcade Fire, The Strokes, Artik Monkeys, Placebo, Black Keys…

On y trouve aussi un irréductible Français : Christophe Miossec. Ça fait vingt ans que le Brestois connaît l’Angevin. « Radical, ça pourrait être son nom de famille à Doudou » C’est ça qui plaît à l’intransigeant Brestois qui dit au téléphone : « Il ne change pas. C’est Peter Pan… La paire de lunettes, le baise-en-ville quand il vient nous voir en concert ou à la maison ».

« C’est un joueur. Il aime le foot, dit encore Miossec. Ce métier de la musique, c’est un terrain de jeu. Ça l’amuse beaucoup. Y en a qui prennent du plaisir dans la démesure, avec lui, ça reste toujours à hauteur d’homme. A chaque fois, il a une longue histoire avec les groupes. Il a connu Nirvana devant 70 personnes… Peut-être qu’un autre tourneur me pousserait à grossir. Alors que moi, je ne fais pas de la musique pour être gros ! »

Paradoxalement, Doudou avoue qu’il n’écoute pas tellement de musique. Il n’y a pas de gros ampli dans son bureau, juste un petit lecteur de CD. Mais il est capable d’évaluer en quelques minutes un groupe qui va casser la baraque. Ce qui est arrivé avec Arcade Fire ou Artik Monkeys qu’il a signés avant qu’ils ne connaissent la gloire.

Un petit bureau en plastique
à côté du grand de papa

Fort de ses bons coups dans les années 1980, l’Angevin est contacté par Daniel Colling (qui confia un jour à Miossec : « Doudou c’est mon fils spirituel »). Le directeur du Printemps de Bourges lui propose un poste de programmateur. Nous sommes en 1999. Cinq ans plus tard, Doudou prend la direction artistique du Festival. Dix ans lui suffiront pour redresser son image et le déficit financier. En 2013, il quitte Bourges.

Dans les années 2000, des projets parallèles surgissent. Parmi elles, Rock en Seine qui prend ses aises dès 2003 dans les jardins dessinés par Le Nôtre dans le Parc de Saint-Cloud tout près de Paris. Doudou y convoque sur scène le meilleur du rock international.

En 2009, le festival aligne les Anglais d’Oasis. La date de ce concert qui n’aura pas lieu va rentrer dans la légende. A quelques minutes de monter sur scène, les frères Gallagher, Liam et Noel, s’écharpent en coulisses. Doudou est le témoin de ce qui ne doit pas arriver : l’explosion d’un groupe attendu par des milliers de spectateurs assis sur l’herbe depuis des heures. « C’est du jamais-vu. On a improvisé dans la panique. Impossible de rattraper les gars par la manche. Ils avaient disparu. J’ai juste pu voir le guitariste se barrer ». Sur scène, l’organisateur fait une annonce invraisemblable pour les 30 000 spectateurs qui l’écoutent : « Oasis n’existe plus ». Pour Rock en Seine, la publicité donnée à cet événement est mondiale. « Tout à coup, le nom devient connu jusqu’à Shanghaï ! », sourit Doudou. Où l’on voit que même les déboires finissent par lui sourire.

Tout ça peut donner l’impression que Doudou passe son temps à s’amuser. Chassez cette idée fausse. On devine qu’on doit pas mal rigoler chez Radical Production, mais aussi beaucoup travailler. Il y a un petit bureau en plastique posé à côté du grand de papa, celui des enfants, un an et trois ans : « C’est mon côté réac ! Je leur apprends ce que c’est de bosser ! »

De toute part, on salue le côté pro du bonhomme. Et sa fiabilité que résume ainsi Miossec : « Depuis vingt ans, le chèque arrive le premier du mois dans la boîte aux lettres des musiciens ».
Son affaire (dix salariés entre Angers et Nantes), Doudou la gère en bon père de famille, sans mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est ainsi qu’il a monté la société nantaise O’Spectacles quand Nantes a eu son Zénith. C’est elle qui vend les billets des gros spectacles dans l’Ouest.

Pour Angers, Doudou a aussi des idées. Dont celle d’un festival (Rock en Maine ?), qu’il avait soufflée au candidat malheureux à la mairie Frédéric Béatse. « L’idée n’est pas mise au placard », assure l’entrepreneur qui rappelle qu’elle figurait aussi dans le programme de Christophe Béchu, élu maire d'Angers en mars dernier. Du rock pour qu’Angers rayonne, chiche !

Sébastien BOISNARD


BIO EXPRESS

25 avril 1967. Naissance à Chaudron-en-Mauges (Maine- et-Loire).
1969. Arrivée à Angers.
Octobre 1989. Naissance de sa société, Radical productions, basée à Angers.
1990. Organise le premier concert de Nirvana en France, à la MJC d’Issy-les-Moulineaux.
1999. Devient programmateur du Printemps de Bourges.
2003. Création du festival Rock-en-Seine dont Radical est co-producteur.
2004. Est nommé directeur artistique du Printemps de Bourges.


Archimède, d'un bambou l'autre

Le gagnant de la tombola est reparti avec la guitare repeinte du clip « Julia ».

Comme tout droit échappés de la jaquette d’Arcadie, les garçons d’Archimède sont apparus sur la scène dressée devant un rideau de bambous dans le jardin de la Perrine, Laval.
La télé (France 3 Pays de Loire) était au rendez-vous pour saluer les retrouvailles qui ont pris un tour potache quand a commencé la tombola. Pour un peu, on se serait cru à la kermesse !  Du meilleur effet, très Archimède !


Archimède, vu de dos

Archimède à FestiBosse, le festival de Beaufort-en-Vallée en Anjou, samedi 21 septembre pour la dernière date de la tournée "Trafalgar".

Je n’avais jamais essayé le concert vu du fond de la scène. C’est fait, mes oreilles s’en souviennent encore. J’ai d’abord pris ça comme une faveur de mes frérots, Nico et Frédé (pour moi, c’est pas Fred), mais j’ai déchanté quand, des amplis posés à l'envers, ont déferlé des rafales électriques de guitares. Et puis le chant, comme une bouillie indéchiffrable. Les gars me l’avaient déjà dit : le son est génial pour le public, mais ils doivent être équipés de retour pour entendre ce qu’ils jouent et éviter trop les « pains ». C’est le mot d’aujourd’hui pour dire « canards ».

Pour le confort, le fond et les bords de scène, c’est pas l’idéal non plus, dans l’angoisse de débrancher un câble ou de jouer l’intrus. A la vérité, je me demande comment ils font pour ne pas s’étaler au milieu de tout ce fatras, entre pieds de micros, porte-guitare et podium pour la batterie.

On ne s’étonnera donc pas de photos des garçons vus de dos, mais je n’ai pas eu le feu vert pour passer devant.

Les jeunes et Johnny

« Avec Johnny Hallyday, on touche au sacré. C’est ce qui attire les musiciens plus jeunes […] Quand on écrit, quand on compose, on veut une super voix, ce qu’il a. Ces jeunes savent aussi qu’avec Johnny ils auront du succès et joueront sur des scènes extraordinaires. Lui a toujours été curieux. Depuis le début, il cherche les petits nouveaux. En 1955, il a choisi Jimi Hendrix pour ses premières parties de concerts ! », raconte Yves Bigot, l’un des biographes de la star qui file sur ses 70 ans.
Pour les petits nouveaux, les garçons d’Archimède ne démentent pas, eux qui ont composé « A l’Abri du Monde » sur le dernier album de l’idole et frayent avec en lever de rideau de quelques uns de ses concerts.
Les deux frères – qui sont aussi les miens ! – joueront dans le Théâtre antique de Vienne le 18 juin et dans les Arènes de Nîmes le 27. Scènes extraordinaires, comme dit Bigot !

Pour l’article complet dans Libé (chaudement recommandé), c’est par là.

Laissez-vous vampiriser

Vampire weekend ne doute de rien. Et ça réussit aux quatre New Yorkais depuis 2008. Quand il fallu qu'ils se trouvent un style pour accompagner leur musique, leur leader Ezra Koening explique : "On s'est sentis naturellement attirés par ce qui donnait l'air stupide, maladroit, conservateur. C'était drôle, ça collait bien à nos chansons, même si dans la vie on n'avait pas ce style". Dès l'origine, tout pour me plaire, donc. Surtout la musique qu'ils offraient alors ; comme si le Paul Simon de Graceland se trouvait réincarné en quatre.
Cinq ans après ces débuts prometteurs, les Vampire reviennent avec un album à la pochette en noir et blanc (une vie aérienne de New York prise le 24 novembre 1966, et un titre en plein et en délié : Modern Vampires of the City). Les plages oscillent entre pure joie de jouer et mélancolie.
En 2013, à l'heure où tous les groupes se résignent à publier illico presto leur musique en streaming, Ezra Koening et sa clique ont fait le pari de la vente en magasin. Avec succès. Trois semaines après sa sortie, l'album n'était toujours pas disponible sur Spotify ou Deezer, mais caracolait en tête des hit-parades, aux Etats-Unis notamment.
Vampire Weekend démontrait ainsi la force de la fidélisation. La preuve étant faite que le CD n'est pas mort, les voilà qui débarquent aujourd'hui mardi sur les plateformes. Que ceux qui ne connaissent pas encore écoutent, c'est extra !

Dandies + Doherty = coup de maître

Le New Musical Express anglais (NME) en parle, c’est dire si les Dandies viennent de réaliser un gros coup. Jusque là, jamais entendu parler d’eux. Tout à fait par hasard, je suis tombé sur une info dans laquelle je découvrais que Pete Doherty (ex Libertines et Babyshambles) s’était invité dans les chœurs d’un « obscur groupe français » (« an obscure French band called Dandies ») sur le titre « L comme liaison ».
Désireux d’en savoir plus, je découvre que les garçons viennent du Mans, que leur ambition est de chanter en français des chansons pop et rock. De chouettes cousins pour Archimède, en somme.
Le clip donne une petite idée de ce à quoi ressemble la fête entre jeunes gens d’aujourd’hui, colorée et déboutonnée.

Une ode aux passeurs
Bernard Lenoir. Photo : Christophe ABRAMOWITZ/RADIO FRANCE

Bernard Lenoir. Photo : Christophe ABRAMOWITZ/RADIO FRANCE

Souvent on me demande « Où as-tu trouvé ceci, où as-tu trouvé cela ? » La réponse est toute simple : en faisant confiance aux passeurs. Ils et elles sont critiques dans les journaux, animateurs à la radio ou bloggers sur internet. Ils et elles n’ont pas la science infuse, mais rares sont les fois où ils m’ont déçu. On peut prétendre forger son goût tout seul. Possible, mais je pense qu’on passe alors à côté d’un tas de pépites.
J’écoutais hier Bernard Lenoir qui était l’invité de Valli dans « Pop, etc ». Toute sa carrière aux commandes de son émission culte « C’est Lenoir », il l’a passée à écouter des disques pour dénicher la perle qu’il diffuserait le soir venu et que personne encore n’avait entendue.

Voici ses mots : « Le ressort, il est tout simple : on écoute des tonnes de disques, de la musique à longueur de journée, dès l’instant où on se lève jusqu’au soir, en se demandant ce que l’on va programmer.  Et tout d’un coup, en mettant un disque sur la platine, on ne sait pas qui c’est, c’est un nouveau groupe et il se passe un truc. On est touché, interpellé. Quand on fait ce métier, la première chose dont on a envie, c’est de le faire partager le soir même à ses auditeurs ».…

Un dimanche à l'italienne

Je suis entré ce dimanche en terre inconnue dans la musique du Sicilien Franco Battiato.
C’est un article du Monde qui m’a mis en chemin. Il s’étirait interminablement dans la page, mais quelques phrases ont suffi pour attiser ma curiosté : « Entre 1979 et 1985, en état de grâce, Battiato transforme en or tout ce qu’il touche, agrégeant autour de son fluide filet de voix, new wave ligne claire, riffs de guitares altiers, chorales médiévales et forlanes enjouées.… » ; « Pour “Apriti Sesamo”, son dernier album en date, et la tournée qui s’en est suivie, il a fait venir le guitariste de The Verve et Gorillaz, Simon Tong ».
Pour compléter le tableau, je lis qu’il a joué pour le pape Jean-Paul II en 1989 et en 1975 en première partie du Velvet Underground.

Lancez ce titre, c'est irrésistible. Et tout l'album est un bijou d'orchestrations et de mélodies lumineuses, émouvantes et envoûtantes.

Archimède philosophe perché sur Laval

Comme 728 autres Lavallois, les garçons d’Archimède ont pris leur tour de garde pour veiller sur Laval depuis les hauteurs du jardin de La Perrine. Debout une heure durant dans une loge de bois, Fred est venu le matin au lever du soleil, Nico, le soir, au couchant.

Des fans les ont regardés dans la boîte. Les frères Boisnard en sont ressortis avec l’impression d’avoir vécu une expérience philosophique…

S'envoler avec Stephan Eicher

On l’avait délaissé sur un malentendu, quand, à l’orée des années 1990, le succès frappait chacun de ses disques. On ne le suivait plus que de loin en loin, au gré de la fulgurance des chansons écrites avec l’écrivain Philippe Djian (“Déjeuner en paix”, “Tu ne me dois rien”, “Des hauts, des bas”, “Ni remords, ni regrets”).

Il a fallu attendre 2012 pour que la magie des premières “Chansons bleues” de Stephan Eicher resurgisse. À l’écoute du titre “Le Sourire” sont réapparus l’évidence poétique, la voix chaude, unique, les arpèges de guitare, les arrangements de cordes. Sur l’album, il est d’autres sommets, comme “Dans ton dos”, l’émouvant “Tout doit disparaître”, “Tous les bars” et sa basse haletante.

Le Suisse qui a élu domicile en Camargue signe là le plus beau disque de langue française de l’année. Soit douze chansons dans un livret illustré par des artistes canadiens qui ont choisi un renard chantant dans une barque en guise de couverture. Et ce titre : “L’envolée”. Celle d’un artiste au sommet de son art qui nous fait littéralement décoller.

Archimède dans le dernier Johnny

Ce Johnny-là, quelque chose me dit qu’il va trôner dans la discothèque des frères Boisnard, dont je suis…

L’Express lève un coin du voile sur le dernier album de Johnny Hallyday, L’Attente. C’est donc désormais officiel : Archimède, avec le titre A l’abri du monde, est au générique du retour de la star à ses fondamentaux. Car, si l’on en croit celui qui a écouté le disque en entier : “L’Attente qui sort le 12 novembre est un bon Johnny, carré, blues, classique”.

L’Express en profite pour livrer “la fiche artistique” : “Le disque réalisé et arrangé par Yvan Cassar, est composé entre autres par Daran (L’Attente), John Mamann et Johnny (Devant toi), Blair Mackichan (Refaire l’histoire), Archimède (A l’abri du monde), et écrit principalement par Christophe Miossec”.

Plus loin dans l’article : “La voix ample et unique de Johnny n’a pas baissé d’un octave. C’est qu’elle porte l’empreinte de toute une vie, et davantage encore: les fantômes, les traumas, les tourments sous les volcans. D’ailleurs plus les paroles sont crépusculaires (A l’abri du monde), plus la voix se lève et fend l’air.”