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Doudou, dans la légende du rock

Angers, le 1er septembre. Doudou à son bureau de Radical Production, tout près de la gare,  « à 1h30 de Paris ».

L'Angevin qui a démarré sans le sou dans les années 1980 peut se targuer d’une carrière impressionnante dans la musique.
Il a connu Nirvana avant la gloire et vécu de l’intérieur l’explosion d’Oasis. J'ai rencontré Doudou dans son bureau, parlé avec son ami Christophe Miossec au téléphone. Résultat : ce portrait paru il y a quelques jours dans Le Courrier de l'Ouest


Dans le dos de Doudou, les disques d’or et de platine de ses amis chanteurs, Miossec et Placebo, posés sur un meuble bas, comme les trophées du chasseur de têtes d’affiche. Depuis qu’il a 18 ans, le métier de Doudou consiste à faire monter des rockeurs sur scène et à assurer leur notoriété. Vingt-cinq ans après des débuts sans le sou, il dirige deux fleurons de l’industrie du spectacle en France : Radical Production et O’Spectacles.

La première qui a appelé Doudou Doudou a été sa nounou. Depuis, le sobriquet s’est transmis de l’intime au professionnel. Il a passé les âges de Christophe Davy né à Chaudron-en-Mauges le 25 avril 1967, qui, petit, a vécu du bon temps chez ses grands-parents à Rochefort-sur-Loire avant l’installation, en 1969, de ses parents à Angers dans un HLM du quartier de La Doutre.

Doudou ne comprend toujours pas comment ce surnom tendre et amusant a pu se transmettre ainsi. Il ne veut pas « chercher midi à quatorze heures » et refuse de se voir comme quelqu’un dont l’allure frêle et sympa peut rassurer. Dans un milieu où les requins sont nombreux. Tout juste reconnaît-il que grâce à ce surnom, « on se souvient de moi ».

Miossec : « Il ne change pas. C’est Peter Pan »

Le bon élève du collège Californie à Angers puis du lycée Bergson était plus fan de foot que de musique. La première claque du rock lui a été administrée un soir de l’année 1982 quand, élève en seconde, il a été entraîné par un copain au Bar belge, à quelques centaines de mètres de chez lui. Des garçons en cuir s’y retrouvaient pour écouter des musiciens en sueur. Il se souvient avoir vu jouer un groupe nommé « Les Intouchables ». Il y avait Padovani à la guitare, le fondateur avec Sting du groupe Police. Pas mal pour un baptême du son.

Les mercredis soirs de ses années lycée, Doudou les passe au Bar belge. Il se met aussi à acheter quantité de vinyles de groupes virils. Il n’a pas la moindre idée de ce qu’il compte faire plus tard, mais se forge une solide expérience au cœur d’associations organisatrices de concerts et sur les ondes, aux premières heures de la radio libre.

Il est tout juste majeur quand il prend en main la carrière d’un groupe d’ici qui va grimper haut : Les Thugs. Eux chantaient, frappaient la batterie et grattaient les cordes, Doudou compilait les trois métiers d’aujourd’hui : manager, régisseur et tourneur. « Dans les années 1980, aucun groupe ne vivait de la musique. Les professionnels de la profession n’existaient pas encore », se souvient-il.

L’aura des Thugs devient internationale. Le groupe angevin est signé par des labels aux Etats-Unis et en Angleterre. En octobre 1989, Doudou crée Radical. « Il fallait que l’on sorte du mode associatif. C’est comme ça que j’ai appris sur le tas à devenir chef d’entreprise, alors que l’école (l’IUT de techniques de commercialisation à Tours) me destinait plus à devenir chef de rayon ou responsable d’un service achats ! »

Deux ans après, deuxième grosse claque rock. Elle tombe de Seattle au nord-ouest des Etats-Unis : Nirvana. La conjugaison d’un rock crasseux mais mélodique, porté par le charismatique Kurt Cobain. « C’est un aspirateur rock qui s’allume », raconte Doudou. La scène rock élargit son public. « Les filles qu’on ne voyait jamais dans les salles viennent désormais aux concerts ».

L’expérience américaine des Thugs paye. Radical qui est devenu entre-temps Radical Production décroche le pompon : la tournée en France de Nirvana. Doudou noue alors une amitié qui dure encore avec Dave Grohl, le batteur du groupe grunge. Pareil coup de maître explique pourquoi tant de chouettes groupes anglo-saxons fourmillent au catalogue de Radical Production, parmi lesquels Arcade Fire, The Strokes, Artik Monkeys, Placebo, Black Keys…

On y trouve aussi un irréductible Français : Christophe Miossec. Ça fait vingt ans que le Brestois connaît l’Angevin. « Radical, ça pourrait être son nom de famille à Doudou » C’est ça qui plaît à l’intransigeant Brestois qui dit au téléphone : « Il ne change pas. C’est Peter Pan… La paire de lunettes, le baise-en-ville quand il vient nous voir en concert ou à la maison ».

« C’est un joueur. Il aime le foot, dit encore Miossec. Ce métier de la musique, c’est un terrain de jeu. Ça l’amuse beaucoup. Y en a qui prennent du plaisir dans la démesure, avec lui, ça reste toujours à hauteur d’homme. A chaque fois, il a une longue histoire avec les groupes. Il a connu Nirvana devant 70 personnes… Peut-être qu’un autre tourneur me pousserait à grossir. Alors que moi, je ne fais pas de la musique pour être gros ! »

Paradoxalement, Doudou avoue qu’il n’écoute pas tellement de musique. Il n’y a pas de gros ampli dans son bureau, juste un petit lecteur de CD. Mais il est capable d’évaluer en quelques minutes un groupe qui va casser la baraque. Ce qui est arrivé avec Arcade Fire ou Artik Monkeys qu’il a signés avant qu’ils ne connaissent la gloire.

Un petit bureau en plastique
à côté du grand de papa

Fort de ses bons coups dans les années 1980, l’Angevin est contacté par Daniel Colling (qui confia un jour à Miossec : « Doudou c’est mon fils spirituel »). Le directeur du Printemps de Bourges lui propose un poste de programmateur. Nous sommes en 1999. Cinq ans plus tard, Doudou prend la direction artistique du Festival. Dix ans lui suffiront pour redresser son image et le déficit financier. En 2013, il quitte Bourges.

Dans les années 2000, des projets parallèles surgissent. Parmi elles, Rock en Seine qui prend ses aises dès 2003 dans les jardins dessinés par Le Nôtre dans le Parc de Saint-Cloud tout près de Paris. Doudou y convoque sur scène le meilleur du rock international.

En 2009, le festival aligne les Anglais d’Oasis. La date de ce concert qui n’aura pas lieu va rentrer dans la légende. A quelques minutes de monter sur scène, les frères Gallagher, Liam et Noel, s’écharpent en coulisses. Doudou est le témoin de ce qui ne doit pas arriver : l’explosion d’un groupe attendu par des milliers de spectateurs assis sur l’herbe depuis des heures. « C’est du jamais-vu. On a improvisé dans la panique. Impossible de rattraper les gars par la manche. Ils avaient disparu. J’ai juste pu voir le guitariste se barrer ». Sur scène, l’organisateur fait une annonce invraisemblable pour les 30 000 spectateurs qui l’écoutent : « Oasis n’existe plus ». Pour Rock en Seine, la publicité donnée à cet événement est mondiale. « Tout à coup, le nom devient connu jusqu’à Shanghaï ! », sourit Doudou. Où l’on voit que même les déboires finissent par lui sourire.

Tout ça peut donner l’impression que Doudou passe son temps à s’amuser. Chassez cette idée fausse. On devine qu’on doit pas mal rigoler chez Radical Production, mais aussi beaucoup travailler. Il y a un petit bureau en plastique posé à côté du grand de papa, celui des enfants, un an et trois ans : « C’est mon côté réac ! Je leur apprends ce que c’est de bosser ! »

De toute part, on salue le côté pro du bonhomme. Et sa fiabilité que résume ainsi Miossec : « Depuis vingt ans, le chèque arrive le premier du mois dans la boîte aux lettres des musiciens ».
Son affaire (dix salariés entre Angers et Nantes), Doudou la gère en bon père de famille, sans mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est ainsi qu’il a monté la société nantaise O’Spectacles quand Nantes a eu son Zénith. C’est elle qui vend les billets des gros spectacles dans l’Ouest.

Pour Angers, Doudou a aussi des idées. Dont celle d’un festival (Rock en Maine ?), qu’il avait soufflée au candidat malheureux à la mairie Frédéric Béatse. « L’idée n’est pas mise au placard », assure l’entrepreneur qui rappelle qu’elle figurait aussi dans le programme de Christophe Béchu, élu maire d'Angers en mars dernier. Du rock pour qu’Angers rayonne, chiche !

Sébastien BOISNARD


BIO EXPRESS

25 avril 1967. Naissance à Chaudron-en-Mauges (Maine- et-Loire).
1969. Arrivée à Angers.
Octobre 1989. Naissance de sa société, Radical productions, basée à Angers.
1990. Organise le premier concert de Nirvana en France, à la MJC d’Issy-les-Moulineaux.
1999. Devient programmateur du Printemps de Bourges.
2003. Création du festival Rock-en-Seine dont Radical est co-producteur.
2004. Est nommé directeur artistique du Printemps de Bourges.


Nous voilà bien !
D’après une enquête du site Web CareerCast.com, journaliste arrive bon dernier sur deux cents métiers passés au crible selon cinq critères : stress, salaire, perspectives d’embauche, environnement de travail, exigences physiques. Autant vous dire que la déprime nous guette et qu’on n’a plus aucune envie de finir d’écrire cet arti
— Nicolas Delasalle dans Télérama du 1er mai
Journatic, le journaliste automatique
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Dans la série “on est vraiment peu de chose”, je lis dans Le Monde daté de vendredi qu’une star-up américaine a inventé, avec une forme de succès, le journaliste local automatique. Dans son article, Yves Eudes (une machine ?) explique comment :

L’automatisation et la centralisation s’appliquent d’abord à la collecte de l’information locale : “Prenons une ville américaine de 30 000 habitants, explique Brian Timpon, patron de Journatic, qui compte 800 ou 900 organisations - commerces, entreprises, écoles, églises, institutions municipales, associations, clubs de sport, etc. Grâce à des recherches sur le terrain et sur Internet, nous identifions les gens qui savent ce qui se passe dans chaque organisation.
Puis Journatic les contacte pour leur demander de lui envoyer bénévolement des informations, le plus souvent possible : “En général, les gens sont enthousiastes, ils ont très envie de communiquer. Il y a des exceptions avec les écoles et les administrations, qui n’ont pas l’habitude de partager leurs données, mais la loi sur la liberté de l’information les y contraint.
Journatic a aussi besoin de travail humain classique : mise à jour manuelle de la base de données, conception des formulaires, et bien sûr rédaction et édition des articles… Pour cela, Brian Timpone a décidé de mettre à profit la puissance d’Internet et de faire appel à de la main-d’oeuvre étrangère à bas coût : “Pour toutes les tâches, simples ou complexes, j’ai trouvé des free-lances très compétents en Ukraine, en Biélorussie, au Brésil, au Ghana, et surtout aux Philippines.

L’article ne se contente pas de décrire les méthodes de Journatic :

Un peu partout, on assiste à une progression de l’automatisation des tâches des journalistes de presse écrite. Dans un autre gratte-ciel de Chicago, une équipe d’informaticiens a monté une start-up baptisée Narrative Science, qui commercialise un moteur d’intelligence artificielle très innovant, capable d’écrire en quelques secondes des milliers d’articles, notamment de sport et de finance - deux domaines où l’information existe déjà sous forme de données chiffrées lisibles par des machines.
De toute façon, un journaliste qui passe son temps à réécrire des communiqués de presse mérite d’être remplacé par un ordinateur.
— Le Monde, dans un article consacré à une start-up américaine, Journatic, qui a inventé le journaliste local automatique. Pas rassurant pour la profession !
Deux dans le même lit, un cauchemar ?

Une nuit où je n’arrivais pas à dormir, j’ai lu avec un vif intérêt cet article du Monde. Où l’on découvre que les Français sont de drôles de coucheurs ! Extraits :

« N’en déplaise à l’Eglise, dormir à deux est un acte récent pour notre espèce, et qui n’a rien de naturel. »

« Les Français ne détiennent pas seulement le record mondial de consommation d’anxiolytiques, ils utilisent, avec leurs voisins espagnols, les lits à deux places les plus étroits du monde occidental. »

« Or, l’impact de la dimension du lit sur la qualité de notre sommeil est flagrant. En janvier 2012, dix couples bardés de capteurs ont dormi successivement dans des lits de 140 puis de 160 centimètres sous la direction du professeur Léger. Les résultats sont bluffants : les “cobayes” ont augmenté de 15 % leur temps de sommeil profond (152 minutes contre 132). Leur nombre de réveils nocturnes a baissé d’un quart (vingt-trois fois contre trente). Et, une fois la nuit au large passée, les couples estiment avoir amélioré “de près de 50 % leur sensation de confort. »

La couette aussi en prend un coup !

« Anecdotique, la couette ? Pascal Dibie ne le pense pas. L’utilisation de cet objet, apparu il y a une trentaine d’années en France, est une aberration due à… Ikea, estime-t-il. ‘La France appartient aux sociétés dites ‘bordées’. Dans ces pays, traditionnellement dépendants de la culture du lin, on dort habillé et sur le dos, bordé d’un drap et de couvertures, dans des chambres non chauffées.’ Une habitude opposée à celle des pays nordiques. ‘Du nord de la France à la Scandinavie, la domestication des canards eiders a créé des sociétés à couettes. Les gens dorment nus, lovés en chien de fusil dans des couettes personnelles, même s’ils dorment côte à côte. Et les chambres sont chauffées. »

« Le typique lit à deux en largeur 140 utilisé avec monocouette et pyjama est donc un ovni français générateur de stress dont, estime M. Dibie, ‘on ne nous a pas vendu le mode d’emploi. »

J'ai quand même un beau métier

A la faveur d’un dossier que je concocte pour un prochain Courrier de l’Ouest du dimanche, j’ai du me plonger dans les dessous féminins. Et redécouvert la glorieuse campagne d’Aubade et ses “Leçons de séduction”. S’il fallait en retenir trois sur la centaine, ce serait celles-ci :

Leçon n°10 : Poser le piège et attendre

Leçon n°11 : Neutraliser toute concurrence

Leçon n°12 : S’il s’évanouit, composer le 15.

Quand mère et fille parlent crus

Tessa est à la tête du Domaine des Moines depuis qu’elle a succédé à sa mère Monique qui continue à s’occuper de la commercialisation de la production vinifiée par sa benjamine.

A l’approche des vendanges et des foires aux vins, le Courrier de l’Ouest consacre “Le fait du jour spécial femmes” de dimanche à Monique et Tessa Laroche, mère et fille vigneronnes à Savennières, en Anjou.

Je les ai rencontrées mardi au cœur d’un vignoble dominant la Loire, en plein travail.

Extrait de l’article à venir :

Alors que le raisin continue de mûrir accroché à la vigne, Tessa est au chevet d’un vin qui nécessite toute son attention et son savoir-faire : La cuvée des nonnes. Sur un terroir cultivé dès le 12e siècle par des moines, l’appellation ne manque pas de saveur. La dernière cuvée du délicat moelleux remonte à 2007. «Nous le mettrons en bouteille le 24 septembre, à quelques jours du début de la vendange». En attendant, Tessa peaufine les réglages. Elle évalue le niveau de gaz en secouant des éprouvettes, scrute la couleur dorée à travers les verres. La transparence doit être totale. Ici, le trouble n’a pas sa place. Tessa Laroche est vigneronne sur le Domaine des Moines, au sommet de la roche du même nom, à Savennières, à une quinzaine de kilomètres d’Angers. Elle a succédé à sa mère Monique qui s’est installée sur ces hauteurs en 1981. «J’étais pharmacienne, raconte Monique. A l’époque, le diplôme était aussi assorti d’une qualification en œnologie. Quand mon mari a ouvert son étude notariale à Angers en 1968, les hasards de la vie nous ont conduits non loin de là, dans une petite maison en bas du côteau. Il y avait une vigne». Jean-François, le mari, amateur de bon vin, n’a pas tergiversé : «Nous avons tout arraché et replanté», glisse-t-il, alors qu’il passe furtivement dans le chais. Quelques années plus tard, l’opportunité se présente d’acquérir le château du Domaine des Moines. «Les débuts ont été difficiles, se souvient Monique. Il a fallu tout reprendre à zéro. Avec un objectif : redonner du prestige à l’appellation. Le vin était vendu en vrac. J’ai voulu le remettre en bouteilles».

Evidemment, ce sont les rapports des candidats avec la presse qui ont le plus frappé les deux journalistes. A gauche, ils ont été surpris de voir les médias qui suivaient le candidat socialiste aussi enthousiastes et gais que les collaborateurs du candidat lui-même. Peu de questions incisives, une sorte d’optimisme général comme si les journalistes embarqués dans le “Hollande Tour” allaient eux aussi connaître une promotion avec son élection.
— Raphaëlle Bacqué dans M Le magazine du Monde, commentant le livre “Made in France, la présidentielle dans l’œil américain” de Charles Ommanney et Laurence Haïm.
Au cimetière avec Patti Smith

Patti Smith aime fréquenter les cimetières. Un très beau papier de Stéphane Davet dans Le Monde raconte comment, chaque fois qu’elle vient à Paris, elle déambule au Père-Lachaise à la recherche des poètes enterrés “sur la colline qui monte depuis le boulevard de Ménilmontant”. Il dit aussi ceci :

“On sait que la faucheuse a été cruelle pour Patti Smith qui, en quelques années, dut faire le deuil de son frère, de son mari, Fred Smith, de ses parents, de certains de ses plus proches amis (Robert Mapplethorpe, Susan Sontag, le clavier Richard Sohl…) sans pour autant qu’elle se lasse des cimetières. “Quand nous allons sur la tombe de mon mari avec mon fils et ma fille, nous ressentons bien sûr de la tristesse, mais nous pouvons aussi rire, raconter des histoires.”“

“Ancien guitariste du MC5, Fred Smith repose au cimetière d’Elmwood, conçu à Detroit au milieu du XIXe siècle. “C’est un endroit vallonné, avec un ruisseau, beaucoup d’arbres et de jolies sculptures. Son concepteur, Frederick Law Olmsted - également paysagiste de Central Park - a été très influencé par le Père-Lachaise. Je suis fière que Fred soit enterré là.”“

Les @LibresJeux de Pierre dans le CO

Revenu d’escapades à travers France à vélo et en auto, le rituel matutinal de la boîte aux lettres reprend. Et là, à la lecture du Courrier de l’Ouest, la surprise est excellente : l’ami Pierre est l’envoyé spécial du journal aux Jeux Olympiques de Londres. Autant dire la promesse de textes ciselés, teintés d’humour, d’images dont il a le secret.

Extraits du portrait de Yannick Agnel, médaillé d’or du 4x100 m masculin :

“Yannick Agnel avait seize ans lors de sa première participation, en 2008, aux championnats de France. Il s’y présenta équipé d’un antique slip de bain, quand tous ses concurrents roulaient des muscles sous leurs combinaisons high-tech.” […]

“Il lui est demandé ce que ça fait de s’emplafonner, dès l’aube le plus souvent, des kilomètres entiers à l’entraînement - jusqu’à 15 quotidiennement -, d’un bout à l’autre d’une piscine qui ne découvre jamais d’horizon. Sa réponse est un bijou : “La gravité est le bonheur des imbéciles. C’est ma phrase préférée, elle est de Montesquieu. Les gens prennent trop les choses au sérieux. Moi, je prends du plaisir à nager, je prends du plaisir dans l’effort”.

Mais ce n’est pas tout, car le reporter a aussi ouvert un compte twitter dédié aux JO : @LibresJeux. Les premières salves sont prometteuses. Comme celle-ci :

Et celle-la :

Et encore celle-ci :

Charles, l'Ours des Souchon

Les samedis de l’été, Le Courrier de l’Ouest, Le Maine Libre et Presse Océan publient des portraits d’artistes, fils et filles de…

Ours sur les pavés de Montmartre. Photo Ph. DOBROWOLSKA.

Dans la famille Souchon, j’ai pioché le cadet Charles, dit Ours. Un garçon qui mérite le détour sur disque et en ville. Extraits de papier, après une rencontre sur les hauteurs de Montmartre, Paris.

Retrouver le cadet des Souchon sur disque n’était pas couru d’avance. “A 15 ans, je ne voulais pas faire de chansons, dit-il. Je me promettais que je ferais autre autre chose de ma vie.” C’est comme ça que l’on s’oppose quand on est ado dans une famille de saltimbanques. “Je n’ai jamais été bon élève. Plutôt un garçon dissipé qui tapait sur son pupitre”. “Petit, je voulais être ramoneur”. A trop regarder “Mary Poppins”, voilà ce qui arrive. “Les toits me fascinaient, comme survoler le monde sous la lune et rentrer en secret dans les maisons”.

Petit ours blond baigne dans la musique. Il applaudit Paul Mc Cartney à onze ans, Stevie Wonder à treize. A sept ans, il joue déjà à l’Olympia et autre Casino de Paris. Côté coulisses avec les petits Voulzy. “Je connais par cœur tous les sous-terrains et les portes cachées de ces salles”, raconte Ours, la voix éraillée. Adolescent, il apprend la guitare avec un professeur de choix, Mathieu Chedid.

Ours fait rire quand il raconte le bonheur selon son géniteur : “Etre seul en mobylette en mangeant de la Vache Qui Rit”

L’article complet demain samedi en dernière page du Courrier de l’Ouest, du Maine Libre et dans Presse Océan

Le Touzet, tordant (tordu ?) suiveur

Un bail que je désespère de retrouver la plume alerte et bidonnante de Jean-Louis Le Touzet, suiveur du Tour de France pour Libération depuis des années. Ce matin, le lecteur est gâté. Même si le reporter grinçant s’en prend aux héros du jour et de la veille : les valeureux Voeckler et Rolland de l’équipe Europcar. Pour commencer, il juge utile de rappeler les propos de Manolo Saiz (ex patron de la Once, pris dans l’affaire Puerto) :

“En gros, Manolo, le dernier taliban du vélo, affirmait, il n’y a pas de grand style sans exagération de la composition alchimique”.

S’en suit cette explication poilante qui m’a fait lever dès 6 heures :

“Soudain, alors que Rolland était dans les mains du masseur, une voix descend du Jardin des délices, la même qu’avant-hier, et s’exprimant toujours en araméen, dit : “Frère Pierre, tu as remarquablement appliqué les consignes glissées dans un numéro du Chasseur français et tu as admirablement chanté l’esprit de la location longue durée sur cette étape”. Rolland pris donc en sténo ce que lui disait la Voix, qui reprit : “Neanmoins, des esprits chagrins trouveront que nous écrasons la concurrence, surtout les gars de chez Lavenu, Madiot et consorts. Afin de clouer le bec à la presse qui voit le mal partout, tu diras aux fidèles du Tour que tous ces aigris n’ont pas l’ardeur véritable voulue et que c’est cette mollesse dans le jarret qui les rend grincheux. Ah, oui, j’oubliais, glisse au passage que l’ail frais, et consommé en grande quantité est votre seul vecteur d’oxygène. Ensuite tu rapporteras le tout à Jean-René en lui disant que même les contes orientaux les plus beaux ont une fin.”

FOG, monstre du journalisme
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FOG, par Jean-François Robert pour M, le Magazine du Monde.

Chaque vendredi, la lecture de M, le magazine du Monde est un régal. Cette fois encore, il est exquis avec FOG à la une. “Franz-Olivier Giesbert, connivent, brillant, insupportable”. Sous la plume de Marion Van Renterghem et l’objectif de Jean-François Robert, le portrait est saisissant. Extraits :

“Le pouvoir, il se vautre dedans pour l’observer. Il le désire pour le trahir et le raconter. Il tient tous les piliers du système médiatico-politico-littéraire, entre la direction du Point, son invasion des plateaux de télévision, ses émissions culturelles et télévisées, ses livres politiques, ses livres d’écrivain, la présidence du prix Renaudot, où il fait et défait les rois avec JMG Le Clézio.

“Il cancane au moins une fois par semaine avec l’homme d’affaire et conseiller des princes Alain Minc, son meilleur ami et ami de certains de ses ennemis, auquel il dédicace tous ses livres en l’appelant “Mon frère”.

Au Nouvel Observateur, Franz-Olivier Giesbert avait apporté cet air nouveau du journalisme politique que Françoise Giroud instaurait à l’Express. […] Il fait enrager Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing en relatant dans le détail les conseils des ministres. “J’espère que cela ne se retrouvera pas dans le Nouvel Observateur !”, grondait Pompidou à l’Elysée. Une semaine plus tard, l’article de FOG notait scrupuleusement la phrase du président : “J’espère que cela ne se retrouvera pas dans le Nouvel Observateur !”

“Voilà Franz-Olivier Giesbert directeur du Figaro. Il quitte la mère de ses trois enfants et s’installe avec une rousse volcanique : Nahed Ojjeh, veuve du marchand d’armes saoudien Akram Ojjeh et, surtout, fille du ministre syrien de la Défense Moustafa Tlas”. […] “Il reçoit en sultan des Mille et Une Nuits, entouré de luxe délirant et de gardes du corps en armes. Il biche à faire visiter à ses vieux copains le PC de sécurité. […] Ils font des paris idiots, où le gagnant a droit à une vache vivante qu’il doit promener dans les rues de Paris.”

“La nuit, il mène sa vie décadente, le jour il modernise le Figaro”

En 2000, il quitte le Figaro pour Le Point. “Et s’apprête à épouser l’exact contraire de Nahed Ojjeh, une Autrichienne écolo qui a la phobie de Paris”.

“Avec les politiques, il joue d’égal à égal. Son ton moqueur et complice les amuse et les décontenance”.

“FOG “booste” les ventes partout où il arrive. “C’est de loin le meilleur patron de presse”, reconnaît le journaliste patron de l’Express Christophe Barbier, grand prince”.